Rencontre avec Fadi Mogabgab - Galerie Fadi Mogabgab, Beyrouth

Rencontre avec Fadi Mogabgab – Galerie Fadi Mogabgab, Beyrouth


Fadi Mogabgab, qu’est-ce qu’un bon galeriste pour vous ?


Un bon galeriste se doit de défendre les artistes en qui il croit et surtout d’ouvrir de nouveaux horizons à son public. Il a pour rôle de sensibiliser à l’art, de le rendre accessible et de livrer les clés pour l’apprécier et éventuellement le critiquer. Le galeriste a une responsabilité vis-à-vis du public dans la mesure où il (trans)forme la culture des prochaines générations. Il doit dès lors penser à l’impact des œuvres qu’il présente à la société sur le long terme.

 

Quelle est l'identité de votre galerie ? Qu’est-ce qui lui confère sa spécificité ?


La plupart des artistes que je représente ont une identité expressionniste. La Galerie Fadi Mogabgab ne se limite pas à un territoire géographique comme la plupart des galeries libanaises depuis une dizaine d’années. Elle se préoccupe d’avantage de langages et de textures. Il ne s’agit en aucun cas pour nous de poursuivre des mouvements de mode, d’afficher les grands noms du moment ou d’exposer des marques de l’art même si cela peut être tentant.

 

Pourriez-vous caractériser le public de votre galerie aujourd’hui ?


La Galerie Fadi Mogabgab aura bientôt 18 ans. Son public a bien sûr évolué avec elle. Il a affiné son regard, s’est spécialisé. Il est aujourd’hui sûr de lui et exigeant, ce qui est très stimulant.

 

Comment la Villa Alia, résidence d’artistes que vous avez inaugurée dans le Chouf s’articule-t-elle avec la Galerie Fadi Mogabgab?


La Résidence Alia joue un rôle essentiel dans l’accompagnement que propose la galerie. Ses artistes y séjournent sur une base régulière depuis une quinzaine d’années. Sur place nous développons ensemble une recherche artistique en suscitant une relation privilégiée avec le site et plus généralement le pays. Vous avez fait l’acquisition d’une presse à graver et lancé dans la foulée la maison d’édition Zaarura qui est dédiée à la gravure.

 

Comment sensibiliser le public au dessin et à cette technique?


Il y a déjà un public pour le dessin au Liban. Il est néanmoins peu familiarisé avec la gravure qui n’est pas répandue sur place. Ce medium rend hommage au dessin, au trait et surtout à l’œuvre sur papier. Il mérite à mon sens une place de choix et je lui en donne les moyens. Pour y sensibiliser le public nous proposons à des artistes de la galerie ou issus d’autres champs de la création de s’essayer à cette technique et nous présentons leurs propositions au public. Ces personnalités attirent l’attention sur la gravure et la font d’emblée apprécier.

 

Etes-vous collectionneur d’art et si oui de quoi se constitue votre collection ?


Oui, je suis collectionneur du travail de mes artistes. Je fais aussi régulièrement des acquisitions dans les salons et foires au Liban et à l’étranger. Je suis amateur d’art sans restriction à ceci près que je n’aime pas le folklore. 

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